26/03/2006

Sérénité...


-   J'aime me rendre au bord de l'eau, dit-il, pour rompre un long silence.

      Lauren ne répondit pas tout de suite, elle fixait l'horizon. Elle agrippa Arthur par le bras.

-   Qu'est ce qui t'es arrivé dans la vie ? Demanda-t-elle.
-   Pourquoi une telle question ?
-   Parce que tu n'es pas comme les autres.
-   Ce sont mes deux nez qui te gênent ?
-   Rien ne me gène, tu es différent.
-   Différent ? Je ne m'étais pas senti différent, et puis de quoi, de qui ?
-   Tu es serein !
-   C'est un défaut ?
-   Non, pas du tout, mais c'est très déroutant. Rien n'a l'air de te poser problème.
-   Parce que j'aime chercher des solutions, alors je n'ai pas peur des problèmes.
-   Non, il y a autre chose.
-   Revoilà mon PPP.
-   C'est quoi ton PPP ?
-   Mon Psychiatre Personnel Portable.
-   Tu as le droit de ne pas répondre. Mais j'ai le droit de ressentir les choses, et je n'en fais pas une inquisition.
-   Ca fait très vieux couple, notre conversation. Je n'ai rien à cacher, Lauren, pas de zones d'ombre, pas de jardin secret, pas de traumatisme. Je suis comme je suis, avec plein de défauts.

      Il ne s'aimait pas particulièrement, mais ne se détestait pas non plus, il appréciait sa façon d'être libre et indépendant des modes établies. C'est peut-être cela qu'elle ressentait. "Je n'appartiens pas à un système, j'ai toujours lutté contre ça. Je vois les gens que j'aime, je vais là ou je veux aller, je lis un livre "parce qu'il m'attire" et non "parce qu'il faut absolument l'avoir lu" et toute ma vie est come cela." Il faisait ce qu'il avait envie de faire sans se poser mille questions sur le pourquoi et le comment des choses, "et je ne m'embarrasse pas du reste".

-   Je ne voulais pas t'embarrasser.

      La conversation reprit un peu plus tard. Ils étaient rentrés à la chaleur du salon d'un hôtel. Arthur buvait un cappuccino et grignotait des sablés.

-   J'adore cet endroit, dit-il. C'est familial, j'aime regarder les familles.
  

(…)


-   Je vais te dire pourquoi je suis "serein", comme tu dis. Parce que l'on ne peut pas tout vivre, alors l'important est de vivre l'essentiel et chacun de nous a "son essentiel".



                           Extrait de Et si c'était vrai (Marc Levy).




23:29 Écrit par Petit prince | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

23/03/2006

Les tulipes noires...


Le printemps tua l'hiver,
En versant son poison vert,
Et sous le soleil qui brilla,
La vieillesse se suicida.



Tes rêves se battent en toi, la prison les rend fous,
Et pendant qu'on voit les roses naître partout,
Petit prince dort en moi, perdu dans le miroir,
Je vois bien que dans tes yeux, naissent des tulipes noires.






Les tulipes noires seraient pour toi, les dahlias bleus pour nous deux.

Je t'offrirais des bouquets de perles d'or chaque matin lors du déjeuner.

15:55 Écrit par Petit prince | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

18/03/2006

Firmament...

T'es tu déjà demandé d'où vient ce firmament que certain d'entre nous se plaisent à contempler le soir ?


Il n'y a pas si longtemps de ça, alors que j'étais installé sur l'appui de fenêtre la tête perdue dans les étoiles, une étrange petite créature est venue me rendre visite.

Il ne m'a pas fallu longtemps pour réaliser qu'il s'agissait d'une fée! Sans un mot ni un bruit, elle s'est doucement posée sur mon épaule, tellement délicate et légère que je ne sentais sont pesant… Je m'appelle Sylve, a-t-elle secrètement murmuré à mon oreille.

Bien que la fenêtre ait été fermée, un effluve de rose fraiches me chatouillait le nez… Le voilage ondulait comme bercé par une brise, et pour la première fois depuis bien des jours, aucun nuage ne chercha à cacher les étoiles… Sans mot dire, je vivais ce merveilleux petit instant.


C'est alors qu'elle commença son histoire, sa voix, telle un murmure très doux vint caresser mon oreille avec la légèreté d'un duvet.


Il existe la haut une planète dont la taille est tellement réduite qu'elle n'a assez de place que pour accueillir un arbre et une jeune fille. Lorsqu'on le voit de loin, cet astre fait miroiter des reflets d'or et d'argent. C'est le fruit d'une alchimie que l'on doit d'une part aux feuilles argentées de l'arbrissau, et d'autre part aux cheveux d'or de la chérubine qui le soigne...

Malheureusement, cette demoiselle se trouve bien seule, perdue sur sa planète, au milieu d'un univers vide et noir dont elle ne distingue pas les limites.

Un jour alors qu'elle pleurait sa solitude, elle récolta une de ses larmes sur le bout d'un doigt, et la contempla.

Cette petite perle brillant d'une étrange lumière lui donna une idée, elle souffla alors doucement et la larme s'envola dans le ciel noir obscur, laissant une brève trainée argentée sur son passage. 

Sous ses yeux brillants le ciel se mit à scintiller de milles feux. Et le cosmos lui parût moins vide, plus joyeux.

Elle fût heureuse de penser que quelqu'un apercevrait peut être sa création, depuis ce jour elle continue de mettre un peu de vie dans l'univers, à sa manière…

Ainsi naquirent les étoiles filantes...

La prochaine fois que tu en verras une, aies une petite pensée pour ce petit ange perdu dans l'infini.


Lorsqu'elle eut terminé de parler, je relevai la tête et vis passer une étoile filante…

Sylve avait disparu…


01:33 Écrit par Petit prince | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |